A Paris, le Réservoir fait le plein depuis 20 ans !

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Il se dissimule dans une ruelle sombre du XIe arrondissement de Paris. Sa façade noire et sobre est trompeuse. Derrière la porte, 150 personnes dînent bruyamment sur de longues tables dans un décor théâtral, à la fois baroque et gothique. Le Réservoir, un ancien hangar reconverti par Mary de Vivo en salle de concert, figure parmi les clubs les plus courus de la capitale.

Depuis vingt ans, sa scène attire des légendes de la musique : Ben Harper, Rita Mitsouko, The Cure, Radiohead, Jimmy Cliff, Richard Bona, Placebo et bien d’autres. Mais le Réservoir fait aussi émerger de nouveaux talents, comme ce fut le cas pour la chanteuse Zaz.

Au fil du temps, ce lieu hybride « qui résiste aux modes » selon sa fondatrice, a instauré des rendez-vous : du funk le vendredi, du rock le samedi, un jazz brunch le dimanche. Les habitués le savent. Pour l’anniversaire du Réservoir, aucun événement particulier n’est prévu. Ce samedi soir-là, le groupe Acoustic Five interprète de grands classiques pop-rock devant un public hétéroclite. Dès la première chanson, les hanches se balancent devant l’assiette, les doigts tapotent la table en rythme. « Just can’t get enough », « Born to be alive », « Help », « Stayin’alive »… Les tubes s’enchaînent et la salle se déchaîne. Quelques femmes reprennent en chœur le refrain d’« Harley Davidson » mixé avec de la country.

Sous les lustres géants et la lumière tamisée rayonne l’ambiance de l’Amérique profonde. Avec ses murs bruts habillés de grands miroirs, ses banquettes style Louis XV et ses piliers peignés de fleurs kitsch, le Réservoir ressemble à l’un de ces bars plantés au bord de la mythique Highway 61, autrement dit la « route du blues ». Ça tombe bien, Acoustic Five poursuit son chemin le long du Mississippi en interprétant « Sweet home Alabama ».

Passé minuit, les tables qui se vident sont écartées au profit du dancefloor. Jusque-là, le flot de danseurs impatients occupait les couloirs. Sur scène, un DJ remplace le groupe de rock : le premier samedi de chaque mois, c’est R’n’B jusqu’à 5 heures du matin. Au fil de la soirée, l’ambiance commence à changer, les enfants disparaissent au profit de jeunes groupes d’amis. Usher et Craig David achèvent de chauffer l’atmosphère. Les 20 ans au Réservoir, finalement, c’est un peu tous les jours.

16, rue de la Forge Royale à Paris (XIe). Entrée libre, sauf soirée exceptionnelle. Programme sur www.reservoirclub.com. Dîner sur réservation.
leparisien.fr

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